le Prophète Mohammad (SAW) lui-même dit :Il m'apprit qu'il était l'ange Gabriel, que Dieu l'avait envoyé pour m'annoncer qu'il m'avait choisi pour son messager L'ange m'apprit à faire mes ablutions, et lorsque je revins le corps purifié, il me demanda de lire. Je répondis : “ Je ne sais pas lire “. Il me prit dans ses bras et me serra très fort, et me laissant ensuite, il me demanda encore une fois de lire. Je lui dis “Mais je ne sais lire”. Il me serra de nouveau et plus fort, puis me demanda de lire, et je répondis que je ne savais pas lire. Il me prit dans ses bras pour la troisième fois et m'ayant serré encore plus fort qu'avant, il me lâcha et dit :
“Lis au nom de ton Seigneur qui a créé ! Qui a créé l'homme d'une adhérence. Lis ! Car ton Seigneur est le Très-Généreux, Qui a enseigné par le calame, Qui a enseigné à l'homme ce qu'il ignorait”
Et Gabriel parti, laissant Mohammad (SAW) en état de choc.
L'événement marque pourlui le début de la Prophétie, à 40 ans. Mais il devra attendre trois années avant que de nouveau la révélation divine le touche.
Après trois ans de silence les révélations reprennent, et s'étaleront dans le temps sur les vingt dernières années de Mohammad (SAW), dont les dix dernières se dérouleront à Medine.Le Coran n'apparaîtra pas soudain d'un bloc, construit et définitif. Mais il se révèlera aux hommes par fragments,apportant tel éclaircissement ou telle voie à suivre lorsque le besoin d'être guidé se fera sentir.
Pour autant, les lecteurs du Coran savent que celui-ci n'est pas une suite de versets sans queue ni tête, mais au contraire un ensemble organisé de 114 sourates. L'explication de ce mystère nous est donnée dans le Coran lui-même :
“Nous avons fragmenté le Coran pour que tu ne le récites aux hommes que peu à peu, mais certes nous l'avons révélé”. (sourate 17, verset 107)
Mohammad (SAW) qui ne savait ni lire ni écrire, insiste auprès de ses compagnons pour que les versets soient appris par coeur au fur et à mesure des révélations : on les récitera aux prières. Le Prophète Mohammad (SAW) a pris l'habitude, durant le mois de Ramadan, de réciter la totalité du Coran, lors de prières supplémentaires, les prières du Tarawih. Sous la surveillance de Gabriel, la mémoire de Mohammad (SAW) devenait parfaite.
Pendant le dernier Ramadan de Mohammad (SAW), Gabriel lui fera réciter deux fois le Coran, lui désignant la fin de sa mission et sa mort prochaine.
La tradition d'apprendre le Coran par coeur est dans le coeur des musulmans.
Les compagnons lettrés note les versets par écrit.5 ans après la première révélation, des traces écrites existent déjà. C'est à cette époque que le futur Calife Omar, séduit par la lecture de la sourate 20, se convertit à l'islam.
Tout comme le Prophète (SAW) faisait réciter ses Compagnons, il dicte aux scribes les versets, faute de papier (il n'est pas encore inventé) tous les matériaux sont bons : morceaux de parchemin, cuir tanné, tablettes de bois, omoplates de chameaux, morceaux de poterie, nervures médianes des dattiers... Au fur et à mesure, les versets, comme un puzzle s'assemblent, le Prophète Mohammad (SAW) précisant l'emplacement des versets dans les sourates, et des sourates dans l'ensemble du Livre.
Par le double contrôle oral et écrit, le Prophète (SAW) s'assure de la conservation de l'intégrité du texte. Les mémoires défaillantes peuvent s'appuyer sur un texte écrit, et dans l'autre sens, les erreurs de copie sont corrigés grâce à la mémorisation du texte.
Ainsi, le texte sacré ne pourra être modifié par erreur.
Lorsque le Prophète Mohammad (SAW) meurt, plusieurs Compagnons ont la chance d'avoir retenu par coeur la totalité des versets. Par contre, il n'existe pas de texte complet du Coran.La bataille de Yamâma va faire prendre conscience de ce manque.
Là, cinq cents d'un groupe de trois mille musulmans de la première heure et comptant parmi les plus connaisseurs du Coran, trouvent la mort. Omar prend alors conscience du danger et s'en va trouver le Calife Abou-Bakar pour lui demandaient de fair une copie du Coran.Pendant les dernières années de sa vie, le Prophète (SAW) employait des secrétaires, les uns pour les tâches courantes, d'autres pour la transcription de la révélation coranique.Zaïd ibn Thâbit faisait partie de ce groupe. Il était même le scribe principal de Mohammad (SAW) et était parmi les personnes qui connaissaient la totalité du Coran par coeur.
Le Calife Abou-Bakar le chargera donc de réunir le Coran dans son ensemble. Mais le Calife, avec le scrupule qui le caractérise, tient à ce que les précautions soient prises : pour chaque verset, Zaïd devra trouver au moins deux témoignages écrits, avant de l'inclure dans la copie définitive. Et le calife demandera aux habitants de Médine d'apporter les fragments écrits qu'ils possèdent. Sur la totalité du Coran, la Tradition nous apprend que seuls deux versets ne se trouvèrent par écrit que chez une seule personne. Cette copie appelée Mushaf (feuilles réunies), sera conservée par le Calife Abou-Bakar et après lui par son successeur Omar.
Omar, entrevoit le besoin d'envoyer des copies du Mushaf dans les principaux centres, pour éviter tout risque de déviation, et d'erreurs de prononciation dans les pays non-arabes. Mais il n'en aura pas le temps, et c'est le troisième Calife Osman qui s'en chargera.
Il demandera à une commission présidée par le même Zaïd ibn Thâbit d'établir sept copies à partir du Mushaf, en autorisant la révision de l'orthographe dans le sens d'une plus grande lisibilité du texte, en particulier pour les non arabophones.
Après lecture publique de la nouvelle édition devant les savants du Coran de Médine, ces copies sont envoyées aux quatre coins de l'empire, avec ordre du calife de détruire tout texte ne correspondant pas au texte officiel.
Des copies envoyées par Osman, il en reste de nos jours une, complète, que l'on peut admirer au musée Topkapi d'lstanboul, et une autre où il manque quelques feuillets à Tachkent. Et entre ces copies et les millions d'exemplaires éditées de nos jours, aucune différence...
